À l’heure où nos urgences sont en état de crise, submergées par l’afflux croissant de patients aux raisons et maux pas toujours raisonnables … petite vulgarisation de ce qu’il faut faire lorsque nos 3 pommes ont de la fièvre.

État des lieux surchauffés

Selon la dernière étude de la DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques, n°1128 – octobre 2019), sur une journée (le mardi 11 juin 2013 entre 8h le matin et 8h le lendemain) 12 % des entrées des 736 points d’accueil d’urgences étudiés concernent les enfants de moins de 4 ans. Et parmi les motifs de consultation, environ 15 % sont là pour de la fièvre !

Alors, étant donné que les urgences sont aussi un lieu de concentration d’affections diverses et variées qu’on pourrait tout aussi bien attraper, quand s’inquiéter de la fièvre ? Et quand courir aux urgences ?

Une réaction immune … commune

La fièvre est une réaction NORMALE ! C’est de ne pas en avoir qui serait inquiétant. En effet, notre corps augmente sa température après l’intrusion dans notre organisme d’un agent pathogène (virus, bactérie, parasite) pour deux raisons :

  1. FAVORISER les défenses immunitaires : la fièvre permet entre autres la production de molécules qui vont aider certains types de cellules immunitaires (les globules blancs) à être plus nombreux sur les sites d’infections
  2. CRÉER UN MILIEU HOSTILE pour les pathogènes : l’élévation de la température va freiner/empêcher leur multiplication

Terminologie : fièvre ou fébricule ?

La température normale du corps se situe aux alentours de 37°C (pour une prise rectale). Entre 38°C et 38,5°C on parlera de fébricule, une “petite fièvre” qui généralement ne nécessite pas de médication. Au-dessus de 38,5°C commence la fièvre.

Une lutte contre l’inconfort

Comme la fièvre est bénéfique à l’organisme dans sa lutte contre les intrus, une lutte acharnée pour la faire baisser n’est pas forcément à mener ! Il s’agit plutôt de la surveiller et de commencer par quelques gestes simples :

  1. DÉCOUVRIR l’enfant : comme le dit si bien le docteur To be or not Toubib sur sa page, au lieu de faire une momie égyptienne, ce qui risquerait au contraire de faire monter la fièvre, on enlève les vêtements superflus ! Quitte à ce qu’il termine en body ou couche, en fonction de la saison, de préférence en matières naturelles (type coton) pour une meilleure respiration.
  2. PRENDRE LA TEMPÉRATURE RÉGULIÈREMENT : eh oui, il faut surveiller son évolution et pas juste en touchant le front ou avec toute autre méthode peu scientifique.
  3. AÉRER : on ne le dira jamais assez, une pièce saine est une pièce dont on renouvelle l’air régulièrement. En plus, en fonction de la saison, cela permettra de faire descendre la température des chambres d’enfants afin d’être plus proche des 19°C recommandés, ce qui est plus agréable en cas de surchauffe sanguine !
  4. LE FAIRE BOIRE : la fièvre ça déshydrate. Alors, on sort tout l’attirail pour une absorption régulière pour éviter que votre 3 pomme finisse en pruneau séché !
  5. Et enfin, surtout : on OBSERVE LES TROUBLES DU CCR c’est-à-dire Coloration, Comportement, Respiration. En effet, le plus important reste de veiller à comment l’organisme tolère la fièvre. Tant que votre enfant, boit, mange un peu (on a rarement envie d’avaler un cassoulet avec 39°C de fièvre), joue et interagit tout va bien. En revanche, si vous constatez une modification du CCR comme une pâleur extrême, des lèvres ou un visage plutôt bleu, une absence de réaction aux stimulus d’interaction, une respiration difficile ou accélérée, là direction les URGENCES.

Cas particuliers nécessitant un passage aux URGENCES : Outre les anomalies du CCR, si votre enfant à moins d’1 mois ou si vous revenez d’un pays étranger, le passage par les urgences est impératif.

Médication

Médicament incontournable de l’armoire à pharmacie des parents, le Doliprane ou paracétamol est à envisager dès 38,5°C de fièvre afin d’aider l’organisme à mieux supporter la fièvre. Lors d’une fébricule, on ne l’administre que si l’enfant supporte mal l’élévation de température.

Pour agir il a besoin d’environ 45 min, donc pas d’affolement si la fièvre ne baisse pas en 10 min !

Sketchnote résumé

Sketchnote : la fièvre chez l'enfant
Sketchnote : la fièvre chez l’enfant

Donc au final pour faire simple :

  • CCR anormal, ou – d’1 mois, ou retour de voyage à l’étranger : URGENCES
  • – de 3 mois : consultation chez le pédiatre/médecin à prévoir si l’enfant supporte bien la fièvre avec l’aide du Doliprane au besoin
  • – de 3 ans : si la fièvre dure 3 jours en continu, un petit tour chez le pédiatre/médecin
  • + de 3 ans : si la fièvre dure 5 jours en continu, consultation chez le pédiatre/médecin

Pour aller plus loin :
  • Enquête de la DREES
  • Compte Facebook et instagram To be or not Tobib (@medecinedesnuls) pour avoir des conseils avec humour sur ce qui doit inquiéter ou pas, par un médecin urgentiste.
  • Enquête de l’INSERM sur la mauvaise gestion de la fièvre de l’enfant (2014)

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :