Sous nos latitudes, on en perd parfois notre Latin. Que désigne un ouragan, un typhon ou un cyclone ? Hormis les ravages qu’ils font, nous avons bien du mal à comprendre leur distinction.
Et c’est bien normal, car en réalité, ces trois mots désignent… le même phénomène météorologique !

Une tempête tropicale avant tout

Tout commence dans les régions tropicales, plus exactement entre le 30e parallèle nord et le 30e parallèle sud. Cela ne vous dit rien ? Ces coordonnées déterminent une zone qui se situe entre la parallèle joignant les points de la surface de la Terre dont la latitude est égale à 30° nord (par rapport à l’équateur) et ceux à 30° sud.
Visuellement, ça se passe là :

Le blues de l’océan

On sait où ça se passe, mais qu’est-ce qui se passe exactement ? Une dépression tropicale, voilà l’origine du mal.
À la surface de l’immensité des océans, lorsque la température de l’eau monte et dépasse les 28-29°C, on assiste à un transfert d’humidité mer-air. L’évaporation intense de l’eau de surface vient charger d’humidité l’atmosphère ambiante. L’air se réchauffe et amorce une ascension pour former une dépression : il se crée un vide d’air au niveau du sol. Ce vide appelle inexorablement l’air aux alentours à s’engouffrer sous les nuages chargés de pluie.
Le sens de rotation du cyclone naissant va être donné par l’effet Coriolis. Ce dernier intervient chaque fois que l’on étudie un mouvement (ici du vent) par rapport à un référentiel lui-même en mouvement (ici la Terre). Pour découvrir cet effet plus en détail, consulter la rubrique Pour aller plus loin en bas de l’article !
La formation de ce tourbillon s’accompagne de vents ayant une vitesse de minimum 118 km/h pour rentrer dans la catégorie ouragan, typhon ou cyclone. Pour toute vitesse inférieure, on parlera uniquement de tempêtes tropicales.

Dis-moi où tu te formes, je te dirais comment tu t’appelles

L’Océan Indien et le Pacifique sud constituent la maternité des cyclones, terme qui vient du grec « Kuklos » qui signifie cercle.
Du côté de l’Atlantique nord et du Pacifique nord-est, on trouve le lieu de naissance des ouragans ou Hurricanes. Ce dernier terme s’inspire d’« Hunraken » nom du dieu maya de la tempête.
Enfin, les Typhons, mot qui dérive de « t’ai fung » grand vent en chinois, naissent dans le Pacifique nord-ouest.
Petit tableau récapitulatif des terminologies en fonction des localisations :

D’autres terminologies encore plus localisées existent pour ce type de phénomène : les Japonais l’appellent Kamikaze, les Aborigènes australiens Willy Willy et les Indonésiens Badai.

Taille, vitesse et déplacement

En règle générale, ils s’étendent sur 500 à 1000 km. Ils se déplacent à environ 30km/h. Le centre de leur spirale constitue l’Oeil où les vents et les pluies sont plus faibles. Une sorte de zone d’accalmie avant la tempête !
Dans l’hémisphère sud, ils tournent dans le sens des aiguilles d’une montre. Et dans l’hémisphère nord, le phénomène s’inverse, ils tournent alors dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.

Phénomène saisonnier

Les conditions idéales de formation nécessitant des eaux plutôt chaudes, la période de naissance de ces phénomènes diffère légèrement en fonction des bassins de naissance.
Dans l’Atlantique, la formation des ouragans s’étend du 1er juin au 30 novembre.
Dans la zone nord-est du Pacifique, les typhons sont plus fréquents entre la fin juin et le mois de décembre.
Au nord de l’Océan Indien les cyclones se forment d’avril à décembre.
Pensez à en tenir compte lors de vos programmations de voyages !

De plus en plus chaque année ?

En réalité non, chaque année en moyenne 80 violentes perturbations atmosphériques se forment au-dessus des océans tropicaux.
En revanche, les chercheurs s’intéressent à démontrer un éventuel lien entre l’augmentation de la force de ces tempêtes et l’augmentation de la température des eaux induite par le réchauffement climatique.
Grâce aux modélisations informatiques, les tempêtes sont suivies et peuvent se prévoir plusieurs jours à l’avance. Leur trajectoire est prédite, aussi précisément que possible, même si l’on a vu que les modèles avaient leurs limites.

Vous l’aurez compris, ces phénomènes naturels nous dépassent encore. Nous pouvons tenter de les identifier et de préparer les humains sur son passage, mais face à leur violence nous sommes finalement bien peu de chose…

Pour aller plus loin :

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